Marie-Eléonore AFONSO, avocats des victimes de traumatisme crânien

« Les hommes devraient savoir que c’est du cerveau, et de lui seul, que viennent nos plaisirs, nos joies et nos rires, comme nos tristesses, nos douleurs et nos larmes. »
Hippocrate, Vème siècle avant JC.

C’est grâce à 1500 grammes de matière grise que chacun pense, désire, rêve, voit, ressent, entend, communique et conçoit des projets.

Les personnes victimes d’un traumatisme crânien souffrent de troubles souvent difficiles à identifier par leur entourage et les professionnels. Elles subissent un handicap invisible, qui est d’autant plus pénalisant que dans notre société, le logo du handicap reste le fauteuil roulant. Après la sidération de l’annonce de l’accident, l’angoisse du pronostic vital engagé, plusieurs semaines ou mois d’hospitalisation, quand le blessé revient à domicile, la famille découvre une nouvelle personne qui présente :

DES TROUBLES COGNITIFS

Troubles du langage :

Perturbation, voire altération, de l’expression orale et/ou écrite, de la communication non verbale, de la compréhension orale et écrite.

Au quotidien, c’est la faculté à communiquer avec autrui qui est perturbée dans sa globalité et qui impacte lourdement sur la qualité de la vie du blessé.

Troubles de l’attention :

Ils représentent une plainte fréquente des blessés, sont très invalidants au quotidien et représentent une séquelle persistante après un traumatisme crânien.

Compte tenu des différentes composantes attentionnelles, les atteintes sont diverses et constitutives d’un handicap majeur, puisque la majorité des actes de la vie quotidienne, même simples, requièrent de l’attention.

Troubles des fonctions exécutives :

C’est l’ensemble des processus permettant un comportement dirigé vers un but, flexible et adapté au contexte. Les troubles des fonctions exécutives sont fréquents chez le blessé ayant subit un traumatisme crânien et constituent le « syndrome dysexécutif » ou « syndrome frontal », à ne pas confondre avec le « syndrome subjectif des traumatisés crâniens »…

Troubles de la mémoire :

C’est la capacité à enregistrer, stocker des informations nouvelles et utiliser des connaissances acquises avant l’accident. Le système de la mémoire se compose de plusieurs systèmes (mémoire épisodique, sémantique, procédurale, de travail, prospective) qui peuvent être altérés de façon spécifique.

Après un traumatisme crânien, les troubles mnésiques sont fréquents, très invalidants et contribuent fortement aux troubles comportementaux et à la dégradation de l’humeur. Le blessé ne se sent plus acteur de son histoire et est dépendant de la mémoire des autres.

Ces troubles génèrent un fonctionnement cognitif ralentit, inférieur à ce qu’il était avant l’accident, moins fiable, et très couteux en ressources, ce qui génère une grande fatigabilité.

L’anosognosie totale ou partielle ne permet pas au blessé de percevoir, comprendre et décrire les répercussions quotidiennes des lésions cérébrales, ce qui le rend d’autant plus démuni quand il est seul face au médecin évaluateur. Elle majore également les troubles comportementaux.

DES TROUBLES DU COMPORTEMENT

Toute vie en société nécessite un comportement adapté, qui implique la mise en œuvre de processus permettant d’interagir avec les autres. Pour cela il faut connaître et respecter les règles sociales, mais aussi adapter en permanence sa conduite sociale.

Cela nécessite :

  • d’identifier et appliquer les codes sociaux
  • de prendre en compte les signes comportementaux et émotionnels envoyés par autrui
  • d’inférer sur l’état mental, les intentions et les croyances d’autrui
  • de se décentrer de son propre point de vue et de faire preuve d’empathie envers autrui

Autant de processus qui nécessitent d’avoir un fonctionnement cognitif efficient, ce qui explique que l’on rencontre souvent des troubles comportementaux après un traumatisme crânien.

Ils constituent la première plainte des familles, tant ils perturbent l’équilibre familial. Mais ils constituent aussi le principal obstacle à la réinsertion sociale, car il :

  • rendent difficile l’intégration dans un groupe
  • génèrent des conflits
  • entrainent un isolement

Ils s’expriment généralement selon deux grands versants (inhibé/désinhibé) qui peuvent tout à fait co-exister chez une même personne.

Après un accident corporel grave, le blessé doit être mis à l’abri pour le reste de sa vie.

L’avocat spécialisé est le garant de cette protection, à tous les stades du processus de la réparation juridique du dommage corporel, et si possible le plus tôt.

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